25/01/2013

L’agriculture, moteur de l’économie brésilienne



Le Brésil est connu comme le grenier du monde. Il suffit à la consommation interne, tout en étant le plus grand exportateur d’un éventail de produits. Fer de lance de l’économie brésilienne, l’agriculture emploie des millions de travailleurs et représente une grande partie du PIB.


Que serait le Brésil sans l’agriculture ? 25 % du produit intérieur brut (PIB), le tiers des emplois et des revenus pour plus de 26 millions de Brésiliens, voilà son importance dans l’économie brésilienne. Le secteur a connu une croissance de 2,5 % cette année et 2013 s’annonce toute aussi fertile.


"Autre année record et l’avenir promet", affirme Anderson Galvao du consultant Celeres. Les projections confirment sa pensée. La récolte de grain et oléagineux devrait friser 171 millions de tonnes en 2013, une hausse de 5,1 % par rapport à 2012, estime l’Institut brésilien de statistiques (IBGE). Le solde des exportations est tout aussi positif. De 25 millions de dollars qu’il était en 2004, le surplus commercial du secteur s’est élevé à 77,5 millions de dollars l’année dernière - tandis que le résultat final de la balance commerciale brésilienne n'a pas dépassé 29,8 millions $US - et devrait avoir maintenu le cap en 2012.


Une position enviable
Le Brésil récolte les fruits de décennies investies en recherches agricoles tropicales depuis la création de l’EMBRAPA en 1973 (l’organisme public de recherche agricole). Résultat : le gain de productivité a transformé la campagne brésilienne, principalement dans les savanes du Centre-Ouest, une région reconnue peu fertile.  "Sans adaptation au climat tropical, fait remarquer Anderson, rien n’y pousserait". En 20 ans, la production de grain a cru de 178 %. En revanche, la zone cultivée a connu une expansion de seulement 37 %.

Les réserves alimentaires mondiales sont en baisse. La chute de la production américaine de maïs et de soja a provoqué une nouvelle hausse des prix. La question agricole gagne une dimension géopolitique et est la racine de l’intérêt étranger à financer la production brésilienne. Avec une population qui atteindra 9 milliards dans 50 ans, peu de pays pourront satisfaire l’appétit de la planète comme le Brésil. "On est capable de produire davantage et nous avons de la terre en abondance", indique Anderson. Une position très enviable si l’on considère la fragilité de la sécurité alimentaire mondiale. 

Futur fertile
Le grand défi reste de suffire à la demande sans nuire à la protection de l’environnement. Cette question sera de plus en plus utilisée pour mettre de la pression sur le Brésil. La tendance est d’agrandir la zone cultivable sans déboiser, en élevant par exemple la productivité de l’élevage bovin – aujourd’hui autour de 1,2 de tête par hectare. Des 200 millions d’hectares consacrés au pâturage pour l’élevage bovin, entre 40 et 50 millions pourraient ainsi être convertis en terres agricoles. En tout, "on parle de 90 millions d’hectares de zones dégradées ou récupérées disponibles pour accueillir des cultures commerciales sans couper un seul arbre". Un bond de 150 % du territoire actuel !

Le solde commercial devrait poursuivre sur sa lancée pour se chiffrer à 200 millions $US annuellement dans 10 ans. Les récoltes pourraient atteindre 180 millions de tonnes de céréales et oléagineux et la production de viande croître de 38 % - 8,4 millions de tonnes supplémentaires. Le futur agricole s’annonce donc fertile pour le géant sud-américain.

Marc GALLICHAN (www.petitjournal.com – Brésil) mardi 15 janvier 2013